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DE SAINT-IGNACE, Henri (1630-1719)

Henri de Saint-Ignace [Henricus de Sancto Ignatio, né Henri d'Aumerie ; pseudonymes : Christianus Aletophilus, Liberius Candidus] est un homme d'Eglise, théologien, prêtre Carme wallon de la Réforme de Touraine né en 1630 à Ath (Belgique) et mort le 1er août 1719 au couvent des Carmes, à la Xhavée (Liège, Belgique) à l'âge de 89 ans. 

Deuxième prieur du couvent de La Xhavée, créé en 1687, il combattit avec acharnement la morale des casuistes. Il était partisan du jansénisme qu'il propagea dans ses livres, bien qu'il s'en soit défendu. Résidant à Rome aux environs de 1700, il se lie d'amitié à Clément XI (le pape qui condamnera le jansénisme) et commence à publier, sous le pseudonyme de Christianus Aletophilus, des libelles dénonçant ce qu'il considère comme le laxisme corrupteur de la Compagnie de Jésus. 

Enseignant la théologie, il compose des traités, dont en 1709 son oeuvre majeure Ethica amoris, un imposant ouvrage de morale en trois volumes, qui va susciter une vive polémique. L'ouvrage sera mis à l'Index le 29 juillet 1722, treize ans après sa publication et trois ans après la mort de son auteur.

Dans la carrière de l'auteur, elle avait été précédée, en 1700, d'une Theologia sanctorum veterum, accompagnée d'un Appendix en deux volumes sur le même sujet, et suivie, en 1713, d'une défense, dans laquelle Henri de Saint-Ignace s'appuyait à nouveau sur les autorités d'Augustin d'Hippone et de Thomas d'Aquin, pour démontrer l'orthodoxie de ses thèses sur l'épineux problème de la grâce efficace. Passant ensuite à l'attaque, il publiait, en 1715, les deux volumes d'un Molinismus profligatus (Le Molinisme mis en déroute), dont la réédition, deux ans plus tard, se complétera d'un Appendix (lui aussi en deux volumes) mettant particulièrement en cause Henri Henrart et Liévin de Meyer. En réalité, sous le pseudonyme de Christianus Aletophilus, son hostilité envers les jésuites s'était exprimée dès 1703 dans les Artes jesuiticae, un libelle à destination du souverain pontife, qui sera édité à plusieurs reprises en latin et en flamand, avant d'être mis à l'Index en 1709 et 1711. Sans désarmer, Henri avait adressé, en 1712, une sorte de lettre ouverte au pape Clement XI pour demander la réforme de la Compagnie de Jésus, sous le pseudonyme, cette fois, de Liberius Candidus. C'est le jésuite Alphonse Huylenbroucq qui se chargera de riposter à ces écrits. Enfin, il convient de souligner qu'en 1677, Henri a composé un traité Ad mentem Joannis de Bachone, c'est-à-dire un exposé de la doctrine de Jean de Baconthorp, carme médiéval anglais, représentant de la théologie scolastique et docteur officiel de l'ordre du Carmel. 

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[Source principale : Wikipédia]

Oeuvres
 - Theologia veterum, fundamentalis, speculativa et moralis, ad mentem resoluti doctoris Joannis de Bachone, Lyon, 1677
 - Theologia sanctorurn veterum ac novissimorum circa universam morum doctrinam adversus novissimas juniorum casuistarum impugnationes strenue propugnata.Tomus decimus. Circa solemniores hodie controversias de usu sacramentorum Paenitentiae et Eucharisties, Paris, Anisson, 1700.
 - Appendix ad theologiam moralem abbreviatam sanctorum ; sive Molinismus profligatus per triumphantem de eo propheticam, evangelicam, apostolicam, ecclesiasticam sanctorurn Augustini et Thomae Aquinatis de gratia doctrinam, Cologne, 1700.
 - Artes jesuiticae in sustinendis pertinaciter novitatibus dannabilibusque sociorum laxitatibus, quarum sexcentae et sexaginta hic exhibentur sanctissimo summo N. Clementi papae XI, denuntiatae, Salzbourg, 1703.
 - Jesuitische strecken, kunsten en arglistigheden : waer med de Societeyt hare neuvigheden en verfoyelyke rujnigheden staende houd, s. l., 1704 ; 1709.
 - Ethica amoris, sive theologia sanctorum… - Leodii [Liège] :  J. Francisci Broncart, 1709. - 3 vol. in-folio.

- Tuba magna mirum clangens sonum ad S. D. N. papam Clementem XI, imperatorem, reges, principes, magistratus omnes orbemque universum, de necessitate longe maxima reformandi Societatem Jesu, Argentinae, 1712.
 - Molinismus profligatus, Liège, 1715.
 - Gratiae per se efficacis, sive Augustiniano-Thomisticae adversus injustam jansenismi accusationem, justa defensio. Ubi etiam Theologia moralis sanctorum adversus injusto obtrectatores defenditur (Louvain, 1713).
 - Appendix ad theologiam moralem abbreviatam sanctorum, sive Molinarium maxime Henrici Henrart et Livini de Meyer S. J. a Jansenismo accusationes, Cologne, 1717.
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Ethica amoris, sive theologia sanctorum, magni praesertim Augustini, et Thomae Aquinatis, circa universam amoris & morum doctrinam, adversus novitias opiniones strenuè propugnata, et in materiis principaliter hodie controversis fundamentaliter discussa. Per Fr. Henricum A S. Ignatio, athensem, ordinis fratrum beatae Virginis Mariae de Monte Carmelo, exprovincialem, nuper commissarium generalem, S. Theologiae emeritum professorem.  Opus nedum theologis, animarumque directoribus, sed & verbi dei praeconibus utilissimum, plena manu argumenta subministrans as doctè & piè differendum de omni materia, ad vitam christianam pertinente (*).


(*) "La morale de l'amour, ou la théologie des saints, surtout du grand S. Augustin, et de S. Thomas, touchant la doctrine de l'amour et des mœurs. On y répond aux attaques des nouvelles opinions, et les matières qui font le sujet et la division des théologiens de ce temps, y sont discutées à fond. Par le P. Henri de S. Ignace, de l'Ordre des Carmes.

Le premier volume de cette Morale contient une explication des principes généraux de l'Amour & des Moeurs. Il est divisé en deux parties, dont la première est composée de sept Prolégomènes dans lesquels le Père de S. Ignace se propose de découvrir les sources de la Morale relachée. Et afin qu'on ne se trompe point dans la recherche qu'on en pourroit faire, il rapporte 172 opinions différentes, auxquelles il donne le nom de relâchées…

Le second contient les préservatifs que l'Auteur a cru nécéssaires à ceux qui sont en garde contre les charmes insinuans de la Morale relâchée. On y trouve ensuite les règles que l'on doit observer,  selon l'Auteur, pour trouver la vérité dans la Morale."

[Le Journal des Savans pour l'année 1709, A Paris, chez la Veuve Jean Cusson, numéro XXXVIII du lundi 23 septembre 1709, p. 593 à 598].


Première édition. -  Leodii [Liège] : ex officina typographica J. Francisci Broncart, 1709. - 3 volumes in-folio ; T.1 [10] f.-936 p. / T.2  [7] f.-556-CCXLIX p. / T.3  [10] f.-740 p.-[1] f.

Le Journal des savans du 23 septembre 1709  ne fait mention  que deux volumes et indique que l'ouvrage se trouve aussi à Paris chez Pierre Witte, ce qui n'est pas le cas de l'exemplaire cité ci-dessus. La pagination des deux tomes correspond (tome 2 : 556 + CCXLIX = 805 p.)  :
"A Liège, de l'Imprimerie de François Broncart : & se trouve à Paris chez Pierre Witte, ruë S.Jacques, à l’Ange Gardien. 1709. in foll. 2. vol. Tome I. pagg. 936. Tom. II pagg. 805."


 



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